All comes from a plan

avec Jean-François Leroy

Exposition « En double aveugle » aux Instants Chavirés (Montreuil), 2 février – 10 mars 2019

All comes from a plan, 20 pièces, 20 exemplaires éditées par Franciscopolis.

© Photographies : Aurélien Mole

 

« Élaborer l’unique à partir du même Emprunté à Marion Delage de Luget et, plus précisément au texte pour l’exposition Et pour matériau, les standards (La Permanence, Clermond-Ferrand, 2013 / commissariat : Kurt forever), ce titre, « Élaborer l’unique à partir du même », ne constitue pas seulement un sujet mais un principe d’être avec le monde ; il fait directement écho aux formes que je manipule au quotidien. Le même / l’unique : -l’objet en série vs l’objet singulier -l’objet produit vs l’objet expérimenté -la ressemblance vs la dissemblance Partir d’une forme commune, d’une forme pauvre de notre temps, se l’approprier, la démembrer, l’associer pour arriver à une forme unique, c’est aussi, d’une certaine manière, refuser l’esprit de système. C’est utiliser le réel pour ne pas le décrire. Aujourd’hui, j’identifie deux grandes catégories de matériaux dans ma pratique : – les matériaux industriels qui n’ont pas encore d’histoire(s), de charges qui apparaissent avec fonction de structure, de construction. – les matériaux récupérés qui constituent le fonds d’atelier, des formes a priori sans qualités qui ont perdu leur valeur d’usage, et donc leur rôle économique. J’utilise donc des « éléments précontraints » (Claude Levi-Strauss) afin d’aboutir à une sorte de bricolage de l’industrie. Dans l’atelier, ce lieu où se rencontrent différents registres de formes, j’exploite le potentiel tant sculptural que pictural de ces « éléments précontraints », en procédant par déduction. Je les réactive en tenant compte de leurs spécificités, format, épaisseur, élasticité, couleur… J’assimile d’ailleurs la couleur à un matériau : la peinture Il y a trois ans, à l’invitation de Yann Owens de Franciscopolis Edition, j’ai engagé la série All comes from a plan, qui consiste en une tentative de mise à plat de mon travail par le filtre de la sérigraphie. Par la sérigraphie, je tente de synthétiser l’expérience sensible que l’on peut avoir lors de l’appréhension réelle du travail. À aucun moment il n’est question de reproduire les pièces mais plutôt d’en comprendre la généalogie. Une manière de retrouver le pourquoi initial. Dans ce processus d’appropriation, de déplacement, de transformation et de composition, il y a la volonté de créer des objets qui souligneraient à quel point toute forme porte en elle son propre discours, sa propre métaforme. »

Extrait de la thèse de Jean-François Leroy Élaborer l’unique à partir du même